Retravailler après un cancer, un parcours difficile.
LES GRANDS DOSSIERS DES SCIENCES HUMAINES
02/2019
pp. 20-21
Maladie grave ; Cancer ; Travail ; VIE DE FAMILLE ; Vie sociale ; Histoire professionnelle ; Patient
La maladie grave ne touche pas que le corps. Elle bouleverse la vie familiale, sociale et professionnelle des patients. (R.E.)
Les soignés du cancer forment en France une immense population de plusieurs centaines de milliers de travailleurs qui ne disposent après leur maladie d’aucun statut spécifique. Une telle défaillance dans l’idéal de solidarité nationale ne prend pas suffisamment en compte les avancées médicales récentes : des guérisons inespérées il y a encore peu de temps sont désormais possibles, et les plages de rémission s’étendent jusqu’à des guérisons complètes. Les parcours personnalisés de soin se complexifient. De nouvelles temporalités de la maladie favorisent l’alternance entre les soins et le retour à des activités sociales et incitent les actifs à reprendre leurs activités professionnelles. Ils y tiennent d’autant plus que la menace d’une rechute à laquelle ils songent bien souvent les exhorte à se prémunir de l’appauvrissement qui les guette, et à s’assurer de continuer à bénéficier d’une protection sociale de qualité. Mais il n'est pas facile de reprendre son travail après un cancer, et encore plus difficile d'en retrouver un si on a perdu le sien pendant les traitements ou si l'on était au chômage avant le diagnostic de la maladie (selon le rapport de l'Inca : "La vie cinq ans après un diagnostic de cancer", juin 2018) ... [extrait]
Niveau d'autorisation : Public