Le processus psychique du deuil
Février 2019
pp. 22-29
Face aux prescriptions sociales de « faire son deuil », de nombreuses voix clament leur refus. Or le deuil est un phénomène de détachement progressif du lien affectif qui se produit naturellement un « certain temps » après la mort d’un être cher. Largement étudié par la psychanalyse, le deuil reste cependant un processus psychosocial qui dépend de la constitution de la personnalité autant que de sa reconnaissance culturelle. Toutes les civilisations marquent le deuil par des rituels qui permettent la séparation symbolique d’avec les morts tout en les réhabilitant régulièrement lors des fêtes annuelles. Les complications actuelles du deuil sont dues à la diminution des rites autant qu’à l’éloignement de la mort lié à la longévité humaine et aux performances médicales. Renouer avec la parole autour de la mort et avec les endeuillés reste la meilleure façon aujourd’hui de supporter la perte d’un proche. Les complications du deuil peuvent être repérées si les médecins et soignants sont formés. Elles peuvent être endiguées grâce à la socialisation et aux psychothérapies qui permettent aux endeuillés de supporter l’absence et d’élaborer l’ambivalence inconsciente souvent à l’origine de la persistance de la dépression. (RE)
Niveau d'autorisation : Public
Numéro de revue : 235